Quelques spectacles emblématiques du travail de la Compagnie.
1939. Alors que l’Europe entière s’émeut des premiers troubles annonciateurs de la seconde guerre mondiale, le colonel Touplard est quant à lui entièrement préoccupé par la troupe de bras cassés sur laquelle il veille paternellement dans sa garnison de Bar-le-Duc.
Une épouse mourante a fait promettre à cet homme bouillant de rester désormais chaste et voici qu’arrive dans les parages Lina Vermillon, une comédienne plantureuse qui n’est pas sans le troubler.
Hortensia, sœur du colonel restée vieille fille, se console en écrivant une tragédie en alexandrins « de douze pieds presque toujours » et Touplard se résout, pour lui faire plaisir, à faire représenter la tragédie… par ses soldats !
Il faut encore, pour ajouter aux malheurs du Colonel Touplard, lui adjoindre une équipe de bras cassés : les fameux
« dégourdis » du 101ème : Patard, Pome et Salé, bidasses tout à fait ahuries.
La Compagnie du Mage relève avec ces Dégourdis un nouveau défi : celui d’un vaudeville militaire de Mouëzy-Eon et Daveillans, dont se sont tour à tour emparés Fernandel et Pauline Carton puis Robert Hirsh ou encore François Morel.
Ce sera de nouveau l’occasion d’exercer les talents d’une compagnie qui s’est spécialisée dans le théâtre musical, en ajoutant à cette pièce de comique troupier, qui exige rythme, humour et cohésion de troupe, quelques chansons de l’époque. Création le 6 mai 2011 à la Grande Scène du Chesnay.
La première de la nouvelle opérette de Jacques Offenbach vient de s'achever au théâtre voisin et l'on parle déjà d'un triomphe...
Dans un café des grands boulevards, l'orchestre commence à se presser pour dîner. Il y aura donc fort à faire pour un maître d'hôtel hâbleur - qui s'est rebaptisé lui-même " major " - afin de nourrir tout ce monde !
Mais voilà qu'arrivent les habitués de la maison : une demi-mondaine un peu folle qui se croit duchesse et un général fanfaron, bientôt rejoints par le maestro Offenbach en personne.
Entouré de ces personnages hauts en couleurs, le génial compositeur ne va pas tarder à s'en inspirer pour créer sous nos yeux les grands airs de ces prochaines opérettes (La Périchole, La Vie parisienne, Orphée aux Enfers, La Belle Hélène, etc.) et trouver dans cette société hétéroclite du Second Empire une inspiration fertile !
Dans le décor conçu par Olivier Prost, l'orchestre Ad Lib en scène, en costumes Napoléon III, prend place et fait partie intégrante du spectacle. Trois chanteurs et deux danseurs s'adonnent au jeu de la mondanité, vivent, rient, s'agitent et donnent vie aux airs d'opérette sous l'œil paternaliste d'un Offenbach plus vrai que nature...
Deux jeunes provinciales, Cathos et Magdelon, arrivent à Paris, en quête du nouvel idéal amoureux mis à la mode par les précieuses : un amour non charnel, fait de badinage et de tendresse.
Elles ont repoussé avec mépris La Grange et Du Croisy, deux jeunes hommes que Gorgibus, père de Magdelon et oncle de Cathos, voulait les voir épouser et qu'elles ne trouvaient pas conformes à l'idéal précieux.
Pour se venger, les prétendants rebutés envoient leurs valets grossiers, Mascarille et Jodelet, grimés en beaux esprits, séduire les jeunes orgueilleuses.
Depuis sa création en 1659, le succès de cette farce ne s'est pas démenti. Plus que les excès de préciosité du Grand Siècle, Molière nous fait rire aux dépends de deux jeunes snobs obsédées par ce qui est à la mode.
Leurs caprices sont-ils vraiment si différents des élégant(e)s et branché(e)s actuels ?
La Compagnie du Mage propose une version moderne, en costumes contemporains, de cette satire intemporelle. Férues de culture, habitant les quartiers chics de l'ouest parisien, nos deux précieuses pourraient être aujourd'hui des fans absolues de musique baroque...
Clin d'œil à l'époque de la création de la pièce, la musique de Marais, Corelli, Lalande, etc., jouée en scène par l'ensemble Le Concert Calotin, accompagne le texte de Molière, notamment lors des tirades précieuses.
Baroque et moderne à la fois, ce spectacle créé au Théâtre Nouvelle France du Chesnay a marqué les débuts de Chantal Ladesou (Gorgibus) dans le répertoire classique !
Le film "To be or not to be" d’Ernst Lubitsch a été récemment élu par un jury international meilleur film comique de tous les temps. Ce film, réalisé en pleine seconde guerre mondiale (1942) constitue avec "Le Dictateur" de Charlie Chaplin, la satire la plus virulente contre le nazisme.
L'adaptation du scénario à la scène nous place dès le début dans un théâtre où une troupe répète sa nouvelle pièce, "Nazi folies".
L’intrigue est bâtie sur un jeu de masques : pris dans une histoire d’espionnage, les personnages de la troupe vont être contraints de jouer un vrai rôle pour sauver leurs vies, en utilisant tous les artifices du théâtre.
L’originalité de l’adaptation de TO BE OR NOT TO BE vient surtout de l’ajout d’une part musicale importante, faisant partie intégrante de l’action. Comme la musique du film, l’orchestre va ponctuer la pièce.
Les années d’occupation ont été une riche période pour la chanson française. L’adaptation y présentera parmi les plus beaux airs de l’époque.
La mise en scène lie ainsi plusieurs expressions théâtrales : la comédie, la musique, la danse, le chant. La distribution sera donc composée d’artistes pluridisciplinaires.
Le public sera intégré à l’action dès son entrée dans la salle. Il deviendra le public de l’époque. Le théâtre sera ainsi utilisé dans sa globalité comme espace scénique. Le jeu des comédiens dans la salle, les interventions musicales pendant l’entracte ainsi que la scénographie donneront au public l’illusion de se retrouver en 1942. L’ambiguïté entre le théâtre et le réel.
Le directeur du théâtre tiendra le premier rôle de la pièce, accentuant ainsi le jeu de masques. Directeur de la troupe, directeur d’acteurs de la "vraie" pièce, faux colonel, faux espion, il renforcera ainsi l’impression d’être ou de ne pas être dans la réalité.